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Territorialisation : Abdou Karim Fofana corrige Idrissa Seck

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Au nouveau Pôle urbain de Diamniadio, en construction, avec la création de Cités ministérielles, Idrissa Seck a opposé le transfert de l’Administration sénégalaise à Diaobé. Une idée que le Directeur de l’Agence de Gestion du Patrimoine Bâti de l’État trouve saugrenue et anachronique, loin de la réalité des enjeux territoriaux. En effet, selon Abdou Karim Fofana, Diaobé, à l’instar de toutes les localités reculées du Sénégal, ne connaît pas un problème d’extension territoriale comme Dakar mais plutôt de structuration.

ANN : Pourquoi construire une cité ministérielle à Diamniadio au moment où l’État du Sénégal a engagé la réfection du Building administratif pour un coût de 39 milliards F CFA ?

Abdou Karim Fofana : Le Building administratif n’a jamais servi à loger entièrement les ministères. Le principe était d’y abriter les cabinets ministériels et d’héberger les services techniques hors de ce bâtiment. Ce principe a provoqué une inefficacité dans la coordination des services de l’État à cause de leur éparpillement. A titre d’exemple, les services du ministère de la Justice sont répartis sur 14 sites à Dakar et celui de la jeunesse sur 7.
Le Building n’est pas suffisant pour accueillir tous les cabinets ministériels, encore moins tous les ministères. Les statistiques démontrent que le Président Macky Sall a hérité d’une situation où 67 % des ministères sont hébergés dans des bâtiments loués par l’Etat. Il fallait remédier à cela et réduire les charges locatives. Et avec les Cités ministérielles, l’État du Sénégal va économiser 8 milliards F CFA.

Les Sénégalais qui vont quitter Dakar pour aller travailler à Diamnoadio seront confrontés à la cherté de l’autoroute à péage. Qu’est-ce qui est prévu pour éviter qu’ils ne dépensent leur salaire dans le transport ?

D’abord, il faut corriger une perception fausse. Les agents et les usagers du services publics ne vont pas parcourir plus de distance ou dépenser plus en carburant pour se rendre à Diamniado car 75 % d’entre eux habitent au delà delà de Pâte d’oie, c’est à dire dans la banlieue dakaroise plutôt que Dakar intra-muros. Et le flux contraire est plus facile de nos jours.

Il est vrai que le coût du péage, dont nous avons hérité de l’ancien régime, cause un problème que nous avons relevé et pour lequel nous sommes en train de travailler pour proposer à l’Autorité des mesures de mitigation.
Cependant, il faut noter que c’est dans ce contexte que le TER est pertinent car il permet de transporter un volume de voyageurs plus important dans des conditions d’accessibilité en terme de coût, de confort et de sécurité qui n’ont rien à voir avec les bus « Tata » ou les « Ndiaga Ndiaye ». La grande agglomération dakaroise doit passer de l’ère du transport en commun à l’ère du transport de masse.

Idrissa Seck trouve qu’il était plus pertinent de déplacer l’Administration sénégalaise à Diaobé. Que répondez-vous ?

(Rires) idrissa seck commet encore une erreur d’analyse des enjeux territoriaux. Une commune comme Diaobé ne connaît pas un problème d’extension territoriale comme Dakar qui asphyxie malgré les investissements réalisés par les Présidents Wade, l’autoroute à péage il faut le reconnaître, et Macky Sall avec la VDN 3, le TER et l’extension de l’autoroute.
Diaobé comme Kidira ont des problèmes de strucration territoriale. Il faut organiser le territoire et mettre sur pied des infrastructures de base qui permettent de rendre plus facile le dynamisme économique de ces zones. C’est pourquoi le Président Macky Sall a mis en place le programme Promoville, qui est le pendant urbain du PUDC destiné aux communes rurales. Il s’agît de doter chaque chef lieu de région ou de département des infrastructures minimales que sont la voierie, l’assainissement et l’éclairage public, qui permettent de moderniser ces localités.
A l’inverse le problème de Dakar est l’espace avec la rareté du foncier et le coût élevé des biens immobiliers qui crée un phénomène d’éviction au détriment des classes moyennes dakaroises. Notre capitale est déjà Dakar, le pôle urbain en est juste une extension afin de prendre en charge des problèmes socio-économiques de notre temps.

Source : https://an-news.com/

(Propos recueillis par ANN)

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