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Amadou Dia sur les enlèvements, viols et agressions au Sénégal

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Amadou DIA, consultant en Opérations Portuaires et Transport & Logistique, Conseiller municipal dans la Commune de Dodel donne son avis sur les récents événements que vit notre pays.

“Que faudrait-il faire pour mieux sécuriser la vie de nos faibles concitoyens ?

Quel serait le meilleur choix : réagir de manière organisée ou se laisser détruire par la peur de perdre un être cher à tout moment ?

Depuis quelques semaines la population vit dans un sentiment d’insécurité gagnant de plus en plus d’ampleur face aux multiples cas d’enlèvements d’enfants annoncés dans la presse, les absences prolongées de femmes contrairement à leurs habitudes et aux viols suivis, pour certaines malheureuses victimes, de crimes crapuleux.

Préférant me détourner de l’effervescence de la vie politique qui semble rythmer notre quotidien, il me revient de porter la réflexion sur les voies et moyens de suggérer des solutions étant bien entendu que seul l’Etat, à travers ses démembrements, devra juger de leur opportunité, voire leur mise en application.

En ma qualité de citoyen, responsable de famille avec les statuts de père, d’oncle, de frère, de grand-père, de voisin, je me vois dans l’obligation de prendre en considération cette inquiétude après avoir suivi encore ce matin, le cœur meurtri, ces douloureux évènements qui pourraient nous toucher directement un jour. En effet, à entendre le modus operandi de ces malfaiteurs sauvages au plus haut degré face à l’innocence et à la naïveté des petits anges que sont nos enfants, nul ne serait épargné si la peur de ne pas échapper ne les dissuade pas, dès à présent. Les démasquer reste le seul moyen pour les obliger à arrêter leur si horrible besogne.

Que faudrait-il faire pour mieux sécuriser la vie de nos faibles concitoyens ?

Les victimes sont souvent des enfants et femmes inaptes à se défendre. La mobilité, l’absence d’aires de jeux surveillées et le surpeuplement poussent les plus petits à occuper les rues pour jouer alors que les femmes, elles, vont dans des cérémonies avec des retours tardifs accentués par la rareté des véhicules de transport en certains endroits ou en cas de forte demande. Ces facteurs les exposent, malheureusement, aux griffes ou tentacules de ces criminels si répugnants. A la décharge de l’Etat, il est certes impossible de mettre un policier derrière chaque citoyen comme il est inimaginable de cantonner tous les citoyens chez eux, dans leurs maisons pour des raisons de sécurité.

Nous conviendrons sur le fait que, laissé à lui-même, l’Etat ne saurait trouver une solution qui découragerait ces criminels et transférerait la peur dans le camp de ceux-là qui ont choisi de semer tristesse, désolation, déshonneur, traumatisme, souffrance infinie de séparer une mère à sa progéniture, horreur au sein de notre société et poussant la monstruosité jusqu’à même donner la mort à leurs victimes, nos innocents concitoyens qui n’ont eu que le malheur de les rencontrer, de se trouver sur leur chemin. Tels des fauves affamés happant leurs proies, il faut croire que le sadisme et la désinvolture avec lesquels ils opèrent sont déroutants.

Pour les contrecarrer, à mon humble avis, il nous faudrait demander aux autorités nationales, appuyées par celles des localités, dans un esprit de solidarité de veiller aux dispositions ci-après :

  • Procéder en urgence à l’engagement ou au recrutement de volontaires sénégalais connus et ayant statut de résidents dans nos différentes localités. Ils devront être choisis pour ensuite être enregistrés par l’autorité municipale, assistée dans cette lourde tâche par les chefs de quartier. L’engagement ne sera définitif qu’après présentation d’un extrait de casier judiciaire de moins d’une semaine, d’une confirmation de résidence dans le quartier, d’une enquête de moralité par le commissariat de police en charge de ce rayon. Les volontaires retenus seront dotés de téléphones portables pour exploiter un réseau d’un même opérateur fonctionnant sur la base de groupes permettant de localiser les détenteurs ou utilisateurs. Les engagés travailleront en shift ou quart (selon un nombre d’heures à déterminer, de huit ou douze heures) tout en évitant les temps vides ou d’absence aux moments de repas, de prières, de relèves (entre 12h et 140h30, 18h et 21h). Ces volontaires ne seront pas armés pour éviter des abus ou des suspicions de la part d’adversaires politiques craignant leur éventuelle utilisation à des fins autres que ceux liés à la lutte contre le banditisme lâche auquel nous sommes confrontés ces dernières semaines. Néanmoins, pour leur propre sécurité, ils exécuteront leurs tâches par petits groupes et seront identifiables au moyen de badges, de gilets fluorescents, des tenues bien particulières si les possibilités le permettent (à noter que ce serait la meilleure chose à faire). Les mairies devront mieux connaître leurs administrés en travaillant étroitement avec les propriétaires ou occupants de maisons.
  • Obliger les propriétaires, ou leurs représentants, à fermer toutes les maisons en construction afin qu’elles ne puissent être utilisées par des sans domiciles fixes, des jeunes désœuvrés, ou ceux mus par des desseins sataniques. La fermeté est requise sur ce point avec une communication et des pénalités à exercer. La réouverture ne se ferait qu’à la condition d’un engagement écrit de continuité des travaux avec l’occupation des lieux par un gardien dûment enregistré par les autorités municipales et par le commissariat de police d’arrondissement, de surcroît, il devra vivre de préférence, avec sa famille.
  • Faire obligation aux écoles de garder les élèves en classe, dans la même foulée imposer à ce que les parents, ou leurs représentants dûment désignés par eux, donc préalablement enregistrés au niveau des directions scolaires, aillent récupérer leurs enfants juste à la descente pour éviter de pénaliser les enseignants ou surveillants au risque de créer des failles dans le système sécuritaire mis en place pour la sauvegarde de la vie et de l’intégrité de nos innocentes créatures. Lorsque c’est un bus qui doit les ramener, tant le chauffeur que le surveillant en charge du transport doivent s’assurer qu’ils sont tous à bord et devront avertir les parents, quelques dizaines de minutes avant l’arrivée du car aux points de descente des enfants pour éviter de les laisser seuls sur la route mais aussi de retarder les autres en cas d’attente.
  • Exiger à ce que tous les véhicules de transport en commun soient équipés d’un système de géolocalisation (GPS). Le prestataire de service GPS s’engagera à travailler en étroite collaboration avec les commissariats de police d’arrondissement et la mairie du lieu d’habitation du conducteur, du transporteur sinon de l’endroit choisi pour son stationnement régulier ou garage après le travail.
  • Il est impératif de ne faire aucune dérogation sur ce point car c’est un outil fondamental permettant de suivre les suspects, voir les stationnements douteux, reconstituer certains arrêts pour les besoins d’une enquête. La certification de présence d’un système de géolocalisation (GPS) sera aussi une condition sine qua non, donc indispensable, à l’obtention de la validité d’une visite technique pour tout véhicule de transport en commun.
  • Imposer la déclaration de tous les passagers en partance des gares routières en mentionnant dans un manifeste ou une feuille de route leurs noms et prénoms, numéros des pièces d’identification, les adresses de départ et celles de destination. Il est à noter que ceci se fait pour les trafics aériens et maritimes, par conséquent la pratique doit s’étendre au terrestre (route, rail), surtout à chaque lieu des passages de frontière.
  • Placer des caméras de surveillance dans les gares routières, et des agents discrets, en tenue civile, devant surveiller les comportements de certains « couples » pour détecter si une menace n’imposerait pas le silence, l’accompagnement…
  • Pour les passagers des gares routières accompagnés d’enfants, de personnes jeunes, exiger la présentation du livret de famille portant nom et prénoms de ceux-ci avec leurs photos, pour le carnet de santé des tout petits. Il faudra obligatoirement présenter un document d’identification des enfants accompagnateurs prouvant un lien de parenté avec les personnes adultes se déclarant responsables d’eux. Une autorisation parentale même devrait pouvoir être exigée comme dans les aéroports avant tout embarquement à défaut il sera procédé à l’immobilisation de la personne et de l’enfant en attendant les résultats des enquêtes suite à la diffusion des images des concernés sur les médias tels que les chaînes de télévision, internet lorsque des soupçons naissent.
  • Faire obligation aux différents syndicats des transporteurs de donner instructions aux chauffeurs de veiller au respect de l’accomplissement de ces formalités avant tout départ et de conserver une copie pour leur décharge.
  • Les corps militaires et paramilitaires recevront de leurs autorités la réquisition de contrôler les véhicules en direction des sorties du territoire en jalonnant les routes et pistes de « check points » ou points de contrôle aux fins de décourager toute velléité d’enlèvements d’enfants, jeunes filles ou de femmes. Tous les agents exécutant ces tâches de protection, de contrôle et de sauvegarde des citoyens seront dotés de moyens d’identification portant noms, prénoms, matricules, service sans compter les cartes professionnelles qu’ils pourraient présenter au besoin mais le port bien visible de la plaque à la poitrine devra être de rigueur pour assurer et rassurer qu’il s’agit de vrais commis de l’Etat dans l’exercice de leurs fonctions.
  • Si ces suggestions étaient prises en compte par l’autorité, il faudra en faire une large diffusion afin que nul n’en ignore et au besoin rendre conformes ces décisions aux lois et règlements en vigueur de notre pays. Il serait très important que les populations y adhèrent totalement et se les approprient pour en garantir le succès.

Je demeure convaincu que c’est ensemble que nous arriverons à assister l’Etat et nos mairies à résoudre ces problèmes vitaux tenaillant nos concitoyens les faisant vivre dans la psychose des enlèvements, viols et agressions. En serrant les coudes et en étant plus proches dans l’épreuve au point que nos épaules se touchent, les unes contre les autres, comme chanté dans notre hymne national, en étant debout comme un seul homme, nous formerons un même peuple, visant un seul but, animé d’une seule foi, celle de réussir à éradiquer ce fléau, de ramener la joie, le calme, la sécurité dans nos maisons, nos quartiers, nos écoles, sur nos routes et nos pistes… Oui, Un Peuple, Un But, Une Foi.”

Amadou DIA

Consultant en opérations portuaires, Transport & Logistique

Conseiller municipal dans la Commune de Dodel.

A.Ndiaye-Rue23.net

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